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Vie pratique

Peut-on composter le gazon ?

L’herbe de tonte est une des sources de matière organique importante de votre jardin. Il est intéressant de la récupérer pour enrichir le sol de sa propriété. Très riche en eau, l’herbe a des utilisations intéressantes pour la santé de votre terrain. Paillage, compostage, andain. Mais attention à respecter certaines règles.

80% d’eau

Vous venez de tondre l’herbe dans votre jardin ? C’est le moment de se poser la question du devenir de la tonte. La tonte, qui se compose principalement de gazon et de mauvaises herbes (graminés, pissenlit, plantin, oseille pour les plus courantes), englobe des plantes annuelles ou vivaces vertes. En excluant que des plantes ligneuses (c’est à dire avec du bois) se soient glissées sous la tondeuse, le tas de tonte que vous avez devant vous est à 80% de l’eau. L’eau, composée d’un atome oxègne et de deux atomes d’hydrogène, est la molécule essentielle de la vie terrestre. Il est donc formellement interdit que cette eau, et donc cette tonte, parte à l’incinérateur ou au feu.

Un apport de 30 kg / are

Toute cette herbe doit, par logique d’économie d’énergie et de la protection du sol (avec son enrichissement), rester dans le jardin. Les spécialistes du compostage et du jardinage estiment qu’une zone laissée en jachère d’une superficie d’un are (100m² : 10m x 10m) donne, à une première tonte de mai, 30 kg. Pour un terrain de 1000m², c’est 300kg de tonte, soit 240 kg d’eau que l’on possède. Cet apport est par conséquent très intéressant pour enrichir le sol qui a besoin de ne jamais rester à nu.

Déchèterie interdite

« Près de la moitié des habitants amènent leur herbe de tonte en déchèterie », déclare Chatal Maurice, responsable la SAPA Savoie d’Albertville. « C’est un peu en dessous de la moyenne nationale, car les gens de la région sont biens sensibilisés au respect de l’environnement et au compostage. Mais c’est encore trop peu et ce que les gens ne savent pas c’est que c’est eux qui payent la facture à la fin. »

« Pour ne parler que finance un sac de 10 kg d’herbe de tonte coûte à collectivité 1 €. Ca paraît peu, mais chaque jour, profesionnels inclus, c’est 10 tonnes de déchets verts qui arrivent à la déchèterie. La note s’élève à 1000 € par jour, pour la seule vallée d’Albertville. ». Résultat intéressant et simple a utiliser pour extrapoler au niveau national…

Un compost

Une des solutions est tout naturellement le compostage de cette tonte. Le conseil que nous donnons est de récupérer la tonte et de l’entreposer au fond du jardin. Si on a la chance de déjà avoir un bac ou un tas à compost, y incorporer progressivement et régulièrement une petite partie de cette tonte en brassant bien. La grosse erreur et de mélanger l’ensemble de la tonte avec le compost. Cela l’étoufferait, limitant le développement des bactéries aérobies au profit des anaérobies. Concrètement une mauvaise odeur se dégagerait rapident de la zone et gâcherait tout plaisir. Pour le tas de tonte, passez régulièrement avec la fourche-bêche et donnez un bon brassage. L’eau s’évapora petit à petit et le travail de la faune transformera ce tas en humus de haute qualité. Tas, rappelons le, qui sera intégré au compost habituel (si vous n’en n’avez pas, fabriquez-en un ! ou faites-le en tas !).

Le paillage

Autre solution toute aussi intéressante : le paillage. Le paillage consiste à répandre une herbe, souvent une graminés, sur une zone précise ou le but est de favoriser le developpement d’une plante précise. Très utilisé dans les campagnes par les paysans (ne pas confondre avec agriculteurs), le paillage offre, avec une simplicité évidente, beaucoup d’avantages. Le fait de recouvrir la terre de cette « paille » (entendre herbe fauchée) limite l’évaporation de la couche supérieur de l’humus, qui a besoin d’une hydrométrie optimale pour que les bactéries travaillent. Un sol nu, c’est l’assurance d’une minéralisation, et donc d’un appauvrissement de la terre ou plus rien ne poussera bien. Claude Bourgignon l’explique très bien dans son travail indépendant sur l’agrochimie des sols.

Le sol étant recouvert, la lumière du sol pénètre mal sur les feuilles des mauvaises herbes, qui se développent bien plus lentement. En exemple, un sol nu se voit recouvert d’herbe dès le mois de mai, alors qu’un sol paillé est encore en place en juillet sans aucune intervention humaine. Un vieux paysan, rencontré à Barjac lors de nos différentes missions sur le terrain, nous a confié « Pailler, c’est faire pousser de la terre. Moi je ne cultive pas des cailloux. Tous ces gens qui laissent la terre à nu la tuent. Ceux sont des meurtriers. ».

Je ne cultive pas des cailloux,
Je fais pousser de la terre

Commentaires

de Papounet
Est-il vrai que les marres de café sont bons pour le compostage, y compris les herbes de pelouses.

de Laurence98
Bonjour, Claude Bourgignon a un savoir très vaste et va à l’encontre des lobbies pour nous donner la vérité. La vérité c’est que la terre meurt et que chaque geste comme le paillage ou le compostage sont autant de kilos qui enrichissent la terre. C’est pourtant simple mais peu de gens le comprennent. Ils préfèrent rester devant leur TV. merde

de Gui
J’adore l’expression « faire pousser de la terre »

de Marie
Bonjour,
d’après ce que j’ai appris, on peut tout composter quand on a de grosses quantités car la chaleur monte vite et plus que pour un petit composteur individuel, ce qui réduit les problèmes comme les odeurs par exemple. Mais les mauvaises herbes genre renoncules, liseron seraient à proscrire? J’en enlève des seaux tous les ans et je les met à la déchetterie de peur qu’elles ne repoussent comme certaines graines, un pied de tomate qui s’invite tout seul, pas de problème mais le liseron, non.

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