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Vie pratique

Le compostage en tas

Composter en tas, c’est faire un tas de déchets organiques (tonte, déchets de cuisine et déchets verts), souvent en bordure de jardin. Ce type de compostage, à l’inverse du compostage en bac ou en lombricomposteur, est un compostage qui ne nécessite aucun outillage particulier si ce n’est l’incontournable fourche-bêche. Sa simplicité et son histoire nous prouvent qu’elle est le reine des composts.

Facilité d’entretien

On vient souvent me voir pour me dire « Laura, je suis favorable au compostage… mais je n’ai pas la motivation de fabriquer un compost » ou « Laura, faire les transferts de compost entre les différents bacs, je ne veux plus. J’ai envie de profiter de mon week-end ». Pas de panique, il existe des remèdes simples et efficaces qui ont fait leurs preuves dans l’histoire. Pour cela, il faut revenir à une pratique millénaire : le tas. Entasser des déchets, dès lors qu’ils sont compostables, ne représente aucunement quelque chose de sale. Dans la nature, tous les animaux le font, pour le plus grand bonheur d’une biodiversité et d’un environnement riche et sain. L’homme n’échappe pas à la nature.

Entretenir un tas comme celui-ci, cela ne représente que 5 minutes par semaine. Juste le temps de prendre la fourche-bêche dans la remise, de faire les 50 pas qui séparent la maison du fond du jardin et recouvrir les nouveaux déchets par une épaisseur de compost (ou de terre). La facilité à l’état pure pour un résultat garanti 100% écolo, durable et sans contraintes.

Pour cela, il faut revenir à
une pratique millénaire : le tas

Une pratique paysanne courante

« Faire son tas » ne date pas d’hier. On retrouve déjà en -500 av. J.C. chez les Grecs des fresques faisant l’éloge d’un tas commun de déchets de cuisine. Elles nous montrent l’intérêt qu’avaient les populations rurales anciennes à composter (bien que le terme ne soit pas encore inventé) en montrant explicitement ces tas de déchets devenir fleurs et fruits comestibles avec le temps. Encore plus surprenant, le tas (ou « dôme ») était synonyme de bonne santé de la terre et des fruits de celle-ci. Les croyances lui attribuaient même des forces protectrices contre la propagation des maladies liées au sol en agonie.

Plus proche de nous, en France, toutes les fermes construites avant le XXème siècle avaient un endroit spécialement prévu pour. Et pour cause, les paysans savaient déjà très bien que la transformation de leurs déchets donnait un excellent fertilisant pour leur terre. Ils prenaient alors le plus grand soin que le « compost » soit en forme pour donner du bon terreau.

La décadence du compostage survient début XXème siècle avec l’essor des engrais chimiques qui font de la pratique de compostage une option. C’est ensuite la poubelle unique (ou triée) et l’incinération gaspillatrice d’énergie qui achèvent la pratique au milieu du siècle. Incinérer les déchets organiques, devint monnaie courante et prive donc les sols d’un apport riche et cyclique. Voila pourquoi cette pratique renaît fortement depuis 1980 et le boom de l’écologie. Affaire à suivre !

Le roi des compost

On l’a vu, bon nombre de paysans faisaient leur compost. Masochistes, sûrement pas ! Le compostage en tas est le plus simple des compostages. Le principe est d’accumuler des déchets organiques dans un coin de son jardin sous forme de tas. Ce tas se voit ainsi rajouter quotidiennement les déchets de cuisine et de jardin, tels que les feuilles mortes ou l’herbe de tonte.

Ce qui caractérise ce genre de compostage, c’est sa grande surface en contact avec l’air. L’oxygène s’y engouffre très facilement et la décomposition est souvent rapide malgré une faible montée en température. Le brassage est toujours de rigueur.

Ce qui caractérise ce genre de compostage,
c’est sa grande surface de contact avec l’air et le sol.

Le meilleur pour la faune

Encore plus intéressant pour la faune, le tas offre un accès à un grand nombre d’animaux et permet à chacun, petit et gros, de faire sa vie. C’est aussi ça l’esprit du compostage : offrir à la Terre-mère les ressources pour continuer à faire tourner le cycle de la vie.

La surface au sol est plus grande, ce qui donne un accès plus important aux animaux souterrains comme les vers de terre ou les taupes. Là encore, cela augmente la vitesse de décomposition. Le tas est accessible aux animaux qui peuvent aller gratter et chercher leur nourriture. Avez vous déjà remarqué ce merle qui y va tous les jours ? Ce compostage en tas est donc à conseiller pour les gens qui ont un jardin assez grand et un endroit pas trop en vue.

Commentaires

Par Rédacteur
Bonjour Pierre. La particularité d’un tas est qu’il est beaucoup plus soumis aux aléas de l’environnement qu’un bac couvert. L’arrosage du tas ne doit se faire qu’en cas de grande période de sécheresse où vous voyez que l’intérieur du tas ressemble plus à un tas de cendre qu’à un écosystème vivant. Cependant, il est normal que l’extérieur du tas soit plus sèche que l’intérieur en plein été : c’est la constitution de cette couche sèche qui permet à la faune du compost à l’intérieur de continuer à se développer même dans des conditions atmosphériques plus rudes.
Si vous avez des questions supplémentaires, contactez l’association Compost en Or sur contact@compost-en-or.fr . Merci !

Par Pierre
est-ce qu’il faut arroser le tas de compost? merci!

Par Jérèm
salut comment faire pour éviter les mouches et les moustiques quand viendra le redout de printemps ? Merci. jérèm

Par Mireille M.
Merci pour votre fabuleux site! Le compost a été une vraie révélation dans ma vie; et c’est formidable que vous partagiez votre prodigieuse expérience.

Par Laure de Vannes
Salut, le compost en tas c’est bien la simplicité et revenir au pratique d’antan.

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