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Vie pratique

Et si l’on compostait en Alsace !

Longtemps seul dans son petit village Haut Rhinois à vanter le compostage, c’est à Muttersholtz (67) qu’Albert Müller rencontre les experts du compostage Bas Rhinois. Derrière cette rencontre, il y a surtout une idée simple : faire avancer le compostage en Alsace en rendant le sujet concret, accessible et un peu plus joyeux. Si tu t’intéresses au compostage, à l’animation locale ou à la façon de convaincre un public d’adopter de nouveaux gestes, ce texte te montre comment une démarche de terrain peut changer les comportements, bien plus qu’un discours théorique.

L’essentiel a retenir : cette histoire raconte comment le compostage a été diffusé en Alsace grâce à des rencontres, des conférences et des actions de terrain.

  • Le projet démarre à Muttersholtz avec une dynamique locale forte.
  • La rencontre entre acteurs Haut-Rhinois et Bas-Rhinois lance une coopération durable.
  • Le ton humoristique aide à faire passer un message de fond sur le compostage.
  • Les conférences sont accompagnées de conseils pratiques et de kits de compostage.
  • L’association mise sur l’événementiel pour toucher le grand public.
  • Le compostage progresse surtout quand il devient simple, visible et concret.

La rencontre !

En 1998, le professeur Albert Müller se mit en tête de sortir de sa banlieue Mulhousienne pour découvrir son pays : l’Alsace. Concrètement, cette sortie de terrain lui permet de constater deux choses très utiles : d’un côté, les différences culturelles et linguistiques entre territoires ; de l’autre, le fait que le compostage ne se diffuse jamais tout seul. Il faut des relais locaux, des explications claires et des gens capables de traduire une idée écologique en gestes simples.

Dans la pratique, c’est souvent comme ça que les projets environnementaux avancent : pas seulement avec des convictions, mais avec des rencontres. Le compostage, surtout, fonctionne mieux quand il est porté par des personnes identifiées, présentes sur le terrain et capables de rassurer les habitants sur ce qu’ils doivent faire, et surtout sur ce qu’ils ne doivent pas faire.

A Muttersholtz, depuis 1995, le groupe initialement prénommé « Naturisme et compostage », rapidement renommé en « Humanisme et compostage » fait son petit bout de chemin dans les mentalités de la communauté d’agglomération. Ce type d’initiative montre une réalité très fréquente : pour faire adopter le compostage, il ne suffit pas d’expliquer le principe. Il faut aussi créer une culture commune, avec des repères, des habitudes et des démonstrations concrètes.

On lui doit notamment le développement du compostage en bord de route, la multiplication des croix pour les accidentés de la route et les sorties pleines airs pour le brame du daim. Le temps manque cependant au comité oligarchique composé d’Ignace Hechert, Pierre Kuffer, Anne Trouet et Jean-Paul Wurth, pour créer véritablement un groupement d’envergure national ou tout du moins régional.

« Le plus dur était de faire composter les habitants de nuit, sans lumière, après une sortie brame du daim » Jean Paul Wurth, 1996

La rencontre se fit donc en 1998, alors que le professeur Müller errait d’une fête de la tarte au Quetsche à l’autre à la recherche d’un véritable artisan quetschier composteur. C’est Pierre Kuffer qu’il rencontrera à Rhinau au début du mois d’août.

Ensemble, il décide de créer une association de compostage ! Et c’est là que le sujet devient intéressant sur le plan pratique : une association permet de structurer l’action, de mutualiser les moyens et de donner de la visibilité à une cause. Si tu es dans une démarche similaire, c’est souvent ce passage à l’organisation collective qui change tout. Un message isolé convainc peu ; une structure régulière, elle, installe la confiance.

Compostage et tartes à la Quetsche

Présidé par le couple désormais célèbre en Alsace pour ses duos compost-humoristiques « Müller et son poteau Hechert », les deux professeurs d’université se sont beaucoup améliorés depuis leurs premiers discours soporifiques à ce qu’on appelle aujourd’hui des « sketchs à composter ».

L’intérêt de cette approche est très concret : quand un sujet est perçu comme technique, voire un peu culpabilisant, l’humour peut lever les freins. Dans les faits, les professionnels de la sensibilisation observent souvent que le rire détend, capte l’attention et rend l’information plus mémorable. Ce n’est pas un gadget : c’est un vrai levier pédagogique.

Extrait : « Le suicide est il compatible avec le compostage ?
Réponse d’Albert Müller : « Mon pauvre, si tu crois qu’en jetant un noyau de pêcher dans le compost, tu pourras t’y pendre et bien t’es pas aidé ! »

Leurs conférences font désormais salle pleine mais, pour autant, le compostage est il plus répandu en Alsace ? Réponse de Pierre Kuffer :

« L’importance dans ce type de conférence est d’agir sur les hormones cérébrales des habitants. Après un bon fou rire, leur esprit est plus ouvert au changement de comportement. C’est pour cela que des stands d’informations assortis de la distribution gratuite de kits « Compost 3 secondes » [composteurs autodépliants conçus par l’entreprise artisanale « Quetsch’compost »] sont proposés à la sortie de toutes les conférences.

La facilité d’emploi du kit et les conseils de nos hôtesses spécialisées font la différence. Après, dans la durée, tout dépend de l’ancrage du compostage dans l’esprit des gens »

Ce passage est particulièrement intéressant si tu veux comprendre ce qui marche vraiment : la sensibilisation seule ne suffit pas. Il faut un passage immédiat à l’action. En pratique, cela veut dire qu’une conférence, une animation ou un atelier doit toujours se terminer par une solution simple à tester tout de suite. C’est ce qui transforme une bonne intention en changement réel.

Évènementiels

Outre les conférences dont les stands sont, à chaque fois littéralement assiégés par la foule, l’association a désormais un gros agenda sur la région. Aujourd’hui, pas une seule fête de la tarte à quelque soit le fruit proposé ne possède son stand d’information agréé.

Ce fonctionnement événementiel est loin d’être anecdotique. Sur le terrain, les événements locaux sont souvent les meilleurs points d’entrée pour toucher des publics variés : familles, habitants, élus, bénévoles, curieux. Le message passe mieux quand il s’inscrit dans un moment convivial, dans un lieu connu, avec des visages familiers.

L’association fait d’ailleurs régulièrement des appels à bénévoles pour s’occuper de l’organisation des conférences dans les villages alsaciens. « Müller et son poteau Hechert » est déjà programmé dans les salles des plus petites villes mais se heurte toujours au lobby musical Strasbourgeois quant à l’accès au Zénith de Strasbourg qui serait, selon Albert, « la consécration du compostage en Alsace Libre ».

Dans la pratique, ce type de développement montre qu’un projet local peut grandir progressivement : d’abord un village, puis une communauté de communes, puis une région. Ce qu’il faut retenir, c’est que la répétition compte autant que le message. Plus un public voit le compostage dans des contextes différents, plus il l’intègre comme un geste normal.

Prochaine date à retenir :

Rendez vous le 9 septembre 2012 à la salle polyvalente de Marckolsheim, distribution des derniers kits et conseils humoristiques en compostage !

Si tu participes à ce type d’événement, retiens l’essentiel : venir, écouter, poser tes questions et repartir avec une solution concrète. C’est souvent ce qui fait la différence entre une simple curiosité et un vrai passage à l’action. Et si tu hésites encore, rappelle-toi qu’un bon conseil, au bon moment, peut suffire à débloquer un geste durable.

« C’est pas parce que t’as un chapeau sur la tête qui vaut plus cher que ma voiture que tu vas pas te faire bouffer par les vers ! »

FAQ

Qui est Albert Müller dans cette histoire ?

Albert Müller est le personnage central du récit autour du compostage en Alsace. Il incarne l’animateur qui cherche à diffuser l’idée du compostage en allant à la rencontre d’autres acteurs locaux. Dans le texte, il sert surtout de fil conducteur entre humour, terrain et sensibilisation.

Pourquoi la rencontre à Muttersholtz est-elle importante ?

La rencontre à Muttersholtz est importante parce qu’elle marque le début d’une coopération entre acteurs Haut-Rhinois et Bas-Rhinois. C’est à partir de ce moment que l’idée d’une association de compostage prend forme. Concrètement, le récit montre qu’un projet avance souvent quand des personnes se rencontrent vraiment sur le terrain.

Que veut dire « Compost 3 secondes » ?

« Compost 3 secondes » désigne des composteurs autodépliants présentés comme très simples à utiliser. L’idée est de réduire au maximum la friction pour encourager l’adoption du compostage. Plus un geste est facile à comprendre et à mettre en place, plus il a de chances d’être adopté.

Pourquoi l’humour est-il utilisé pour parler de compostage ?

L’humour est utilisé pour rendre le sujet plus accessible et moins intimidant. Il aide aussi à capter l’attention et à faire passer un message sans ton moralisateur. Dans la pratique, cela peut favoriser une meilleure mémorisation des conseils donnés.

Quel est le rôle des conférences dans ce projet ?

Les conférences servent à sensibiliser le public et à donner des informations concrètes sur le compostage. Elles ne sont pas seulement informatives : elles sont aussi pensées comme un déclencheur d’action. Le texte montre qu’elles sont complétées par des stands et des kits pour prolonger l’effet après l’événement.

Pourquoi l’association participe-t-elle à des fêtes locales ?

L’association participe à des fêtes locales pour toucher un public large dans un cadre convivial. Ces événements permettent de rendre le compostage visible et concret, loin d’un discours purement théorique. C’est souvent dans ce type de contexte que les habitants posent leurs questions et s’impliquent davantage.

Que faut-il retenir de la date du 9 septembre 2012 à Marckolsheim ?

La date du 9 septembre 2012 à Marckolsheim annonce une rencontre avec distribution de kits et conseils humoristiques en compostage. Elle illustre la logique de l’association : informer, faire sourire et proposer une solution immédiate. C’est exactement ce qui facilite le passage à l’action.


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